Reprise de bail par un membre de la famille : qui peut en bénéficier et comment procéder ?
Le transfert du bail revient aux proches ayant cohabité avec le locataire titulaire.
- Conjoint marié : droit immédiat, sans durée minimale.
- Concubin notoire : 1 an de cohabitation minimum exigé.
- Ascendants et descendants : 1 an de cohabitation à la date du décès.
- Personnes à charge : handicap ou 65 ans et plus, mêmes conditions.
- Nièces, neveux, oncles et tantes sont exclus du dispositif.
- Déclencheurs : décès du locataire ou abandon du logement.
Qui peut bénéficier d’un transfert ou d’une reprise de bail familial ?
Conjoint survivant, partenaire pacsé et concubin notoire
Le conjoint survivant bénéficie du droit au transfert du bail de façon immédiate et sans condition de durée de vie commune. Ce droit découle directement de l’article 14 de la loi du 6 juillet 1989 et de l’article 1715 du Code civil, qui consacre la cotitularité du bail entre époux.
- Conjoint marié : droit immédiat, aucune durée minimale
- Partenaire pacsé : éligible s’il est cotitulaire du bail ou avec demande conjointe
- Concubin notoire : 1 an de cohabitation minimum à la date du décès ou de l’abandon
Le concubin notoire doit prouver une vie commune stable et continue d’au moins 1 an. Des factures communes, attestations de domicile ou documents administratifs font office de preuves recevables.
Ascendants, descendants et personnes à charge
Les ascendants et descendants peuvent également reprendre le bail, à condition d’avoir cohabité avec le titulaire pendant au moins 1 an à la date du décès. Cette règle s’applique aussi aux personnes à charge, c’est-à-dire celles présentant un handicap ou âgées de 65 ans ou plus, qui doivent justifier de la même durée de cohabitation.
Le lien de parenté doit être direct : un neveu, une nièce, un oncle ou une tante ne peuvent pas prétendre au transfert du bail. Pour les descendants en logement social, des conditions supplémentaires de ressources et d’adéquation entre le logement et la composition familiale sont exigées.
Enfin, le droit de préemption en cas de vente exclut les parents au-delà du 3e degré, ce qui confirme la volonté du législateur de limiter ces droits à un cercle familial restreint.
Transfert de bail en cas de décès ou d’abandon du logement

L’article 14 de la loi du 6 juillet 1989 encadre le transfert automatique du bail. Deux événements le déclenchent : le décès du locataire ou l’abandon du logement. Dans ces situations, le bail ne s’éteint pas : il se poursuit au profit des proches qui remplissent les conditions de cohabitation.
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Le transfert du bail au profit des proches suppose une cohabitation stable, et d’autres situations de logement méritent d’être anticipées. Pour partager une maison avec un étudiant, la colocation ou le coliving répartit les frais entre occupants. Si vous envisagez de louer une chambre à des voyageurs, mieux vaut connaître les démarches pour ouvrir une chambre d’hôtes, entre déclaration en mairie et fiscalité.
Le transfert du bail suppose de notifier le bailleur, mais d’autres formalités locatives méritent votre attention. Un avenant au bail permet de modifier une clause précise du contrat initial, signé par toutes les parties et annexé au bail.
L’abandon suppose un départ brusque et imprévisible, à l’insu des occupants. Il doit être établi par un commissaire de justice, dont le constat fait foi. Cette preuve formelle protège à la fois le bailleur et la famille restée dans les lieux.
Cas particulier : les descendants doivent en plus respecter des conditions de ressources et une adéquation entre le logement et la taille du foyer. Le conjoint, le partenaire pacsé, le concubin notoire et les ascendants en sont, eux, totalement exemptés.
Comment demander un transfert de bail : procédure et formalités
Le transfert ne s’opère pas automatiquement dans les faits : il faut le notifier au bailleur et prouver que l’on remplit les conditions. Voici les étapes concrètes, sachant qu’un refus légitime expose l’occupant à une expulsion.
- Lettre recommandée avec AR : adressée au bailleur, elle constitue la seule preuve fiable de votre demande.
- Mentions du contrat : indiquez le logement concerné, la date du décès ou de l’abandon, et votre qualité de bénéficiaire.
- Preuves de cohabitation : factures, justificatifs de domicile ou documents administratifs attestant d’1 an minimum de vie commune.
- Refus entraîne expulsion : si les conditions ne sont pas remplies, le bailleur peut agir et n’a aucune obligation de relogement.
Pour les descendants, deux pièces supplémentaires sont attendues : le respect des conditions de ressources et l’adéquation entre la taille du logement et la composition du foyer. Le conjoint, le partenaire pacsé, le concubin notoire et les ascendants en sont dispensés.
Conservez une copie de chaque justificatif : en cas de litige, la charge de la preuve de la cohabitation pèse sur celui qui revendique le transfert. Un dossier complet envoyé rapidement limite fortement le risque de contestation.
Reprise, cession, transfert, sous-location : quelles différences ?
| Notion | Déclencheur | Accord du bailleur |
|---|---|---|
| Transfert | Décès ou abandon du titulaire | Non, de plein droit (article 14) |
| Cession | Accord amiable entre les parties | Oui, écrit obligatoire (article 8) |
| Sous-location | Initiative du locataire principal | Oui, autorisation écrite requise |
| Reprise | Congé donné par le propriétaire | Initiative du bailleur (article 15) |
Ces quatre notions juridiques sont souvent confondues, alors qu’elles répondent à des logiques opposées. Le transfert s’applique automatiquement en cas de décès ou d’abandon du logement, encadré par l’article 14 de la loi du 6 juillet 1989 : le bailcontinue avec le proche éligible, sans démarche d’accord auprès du bailleur.
La cession, à l’inverse, suppose l’accord écrit du bailleur, conformément à l’article 8. Pour un bail commercial, la cession reste encadrée par l’article L145-16 du Code de commerce, avec une solidarité du cédant désormais limitée à 3 ans (article L145-16-2, loi Pinel). La sous-location, elle, crée un contrat distinct entre locataire principal et sous-locataire, toujours avec l’accord écrit du propriétaire.
Enfin, la reprise est une démarche du propriétaire, pas du locataire : il donne congé pour récupérer le logement et y loger un proche. Les bénéficiaires sont limités au conjoint, partenaire pacsé, concubin notoire (1 an), ascendants et descendants (article 15). Le préavis est de 6 mois pour un bail vide et 3 mois pour un bail meublé. En cas de fraude, le bailleur risque des dommages et intérêts d’au moins 3 mois de loyer et une amende pénale pouvant atteindre 6 000 €.
Reprise du bail d’un logement social (HLM) : conditions spécifiques
Le transfert d’un bail HLM est strictement encadré par l’article L442-3-4 du Code de la construction et de l’habitation. Il n’intervient que dans deux situations : le décès du titulaire ou l’abandon du logement. L’article 40 de la loi du 6 juillet 1989 complète ce cadre. Aucun autre motif n’est admis.
Le proche doit avoir cohabité au moins 1 an avec le locataire avant le décès ou l’abandon. Pour les descendants, deux conditions supplémentaires s’appliquent : respecter les plafonds de ressources HLM et que le logement corresponde à la composition familiale. Conjoint, pacsé, concubin notoire et ascendants en sont exemptés.
Si le bailleur refuse, il n’a aucune obligation de relogement : la famille devient occupante sans droit ni titre et s’expose à une expulsion. Mieux vaut donc vérifier son éligibilité avant d’engager la démarche.
Congé pour reprise par le propriétaire pour loger un proche
Le congé pour reprise est un droit du bailleur : il récupère le logement pour y loger un proche, à condition de respecter des motifs et une procédure stricts. Il ne doit pas être confondu avec le transfert de bail, qui émane du locataire.
Motifs de congé et bénéficiaires autorisés
Le propriétaire peut donner congé à son locataire pour trois motifs légaux :
- Reprise pour loger un proche : le bailleur ou un membre de sa famille
- Vente du logement : le locataire dispose alors d’un droit de préemption
- Motif légitime et sérieux : manquements répétés aux obligations du bail
Les bénéficiaires de la reprise sont limités à l’article 15 de la loi du 6 juillet 1989 : conjoint, partenaire pacsé, concubin notoire (avec 1 an de vie commune), ascendants et descendants. Un neveu ou une tante reste exclu de ce droit.
Préavis, notification et protection des locataires âgés
Le congé doit être notifié au moins 6 mois avant l’échéance du bail vide, ou 3 mois pour un bail meublé. Il est délivré par lettre recommandée avec AR, par commissaire de justice ou remis en main propre contre récépissé.
Deux protections protègent le locataire : s’il a 65 ans ou plus avec de faibles ressources, le bailleur doit lui proposer un relogement correspondant à ses besoins. Même protection si le proche hébergé a 65 ans ou plus.
En cas de reprise frauduleuse, le bailleur risque des dommages et intérêts d’au moins 3 mois de loyer et une amende pénale maximale de 6 000 €.
FAQ : questions fréquentes sur la reprise de bail familial
La cohabitation d’un an est-elle toujours exigée pour reprendre le bail ?
Oui, la cohabitation d’au moins un an avant le décès est exigée pour la plupart des bénéficiaires (concubin, ascendant, personne à charge). Seuls le conjoint marié et le partenaire pacsé en sont dispensés.
Un neveu peut-il reprendre le bail de sa tante décédée ?
Non, sauf exception. Le neveu n’est pas un bénéficiaire légal du transfert de bail, qui est réservé au conjoint, au pacsé, au concubin, aux ascendants, descendants et personnes à charge.
Mon beau-père est décédé après un an de vie commune : puis-je reprendre le bail ?
Oui, si vous viviez avec lui depuis au moins un an à la date du décès et que le logement constituait votre résidence principale. Le lien d’alliance n’est pas exigé pour le concubin notoire.
Que se passe-t-il si le bailleur refuse le transfert du bail ?
Le refus est illégal si vous remplissez les conditions légales. Vous pouvez saisir le tribunal judiciaire pour faire reconnaître le transfert et obtenir des dommages-intérêts.
Quelles conditions spécifiques s’appliquent pour un logement HLM ?
Le transfert du bail HLM obéit aux mêmes règles, mais le logement doit rester occupé de façon effective. Le bailleur social peut vérifier les conditions de ressources et la composition du foyer.
Le congé pour reprise concerne-t-il le locataire ou le propriétaire ?
Il concerne le propriétaire : c’est lui qui donne congé au locataire pour reprendre le logement et y loger un proche. Le locataire, lui, ne peut que transférer son bail, jamais le « reprendre ».
