Faire un avenant au bail : guide, modèle gratuit et mentions obligatoires
Un avenant modifie des clauses précises du bail sans le remplacer, et vaut contrat à part entière.
- Il s’annexe au bail initial, qu’il ne remplace jamais.
- Valeur juridique identique au bail d’origine signé.
- Tant qu’il n’est pas signé, seul le bail initial s’applique.
- Signature de toutes les parties obligatoire, sinon inopposable.
- Prévoir 2 exemplaires minimum, un par signataire.
- Références : loi n°89-462 du 6 juillet 1989 et textes modificatifs.
Qu’est-ce qu’un avenant au bail de location ?
Un avenant au bail est un document qui modifie une ou plusieurs clauses précises du contrat initial, sans le remplacer. Il ne se substitue jamais au bail : il y est annexé, et l’ensemble forme un tout juridique cohérent. Dès lors que bail et avenant sont signés, le contrat de location ne peut plus être modifié sans passer par un nouvel avenant.
Ce document constitue un contrat à part entière, doté de la même valeur juridique que le bail d’origine. Il s’applique à tous les types de location, vide ou meublée, que la durée soit de 3 ans pour un logement vide ou d’1 an pour un meublé.
Attention : tant que l’avenant n’est pas signé par toutes les parties, seul le bail initial s’applique. Une clause modifiée oralement reste inopposable, même si les deux parties sont d’accord.
Comment rédiger un avenant au bail ?

Qui rédige et qui signe l’avenant ?
- Rédaction par le propriétaire lui-même ou par une agence mandatée.
- Signature de toutes les parties concernées : bailleur et locataire(s).
- Un exemplaire par signataire : 2 exemplaires minimum (1 bailleur + 1 locataire).
- Avenant annexé au bail initial pour former un ensemble cohérent.
La rédaction revient en principe au bailleur, qui peut déléguer cette tâche à une agence immobilière. Quelle que soit la personne qui rédige, l’avenant doit être signé par toutes les parties dont les droits ou obligations changent. Un document non signé par le locataire n’a aucune valeur juridique.
Le nombre d’exemplaires dépend du nombre de signataires : 2 exemplaires minimum (un pour le bailleur, un pour le locataire) et 3 exemplaires en présence de deux locataires. Chaque partie conserve son original, et une copie reste annexée au bail initial.
Étapes de rédaction et références à intégrer
Un avenant valable doit renvoyer précisément au bail qu’il modifie. Mentionnez la date de signature du bail initial et son objet, ainsi que l’adresse complète du logement (numéro, rue, code postal, ville). Indiquez ensuite la date d’effet de l’avenant et le motif de la modification.
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Rédigez chaque clause modifiée en reprenant exactement la numérotation du bail d’origine, pour éviter toute contradiction entre les deux documents. Précisez que les autres clauses demeurent inchangées, puis signez l’ensemble.
Pour un logement vide ou meublé, le cadre légal reste la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, complétée par la loi Alur, la loi Elan et la loi Climat et Résilience, ainsi que le décret 2015-587 du 29 mai 2015. Ces références garantissent la conformité des mentions et la solidité juridique de l’avenant.
Modèle d’avenant au bail à télécharger
Pour gagner du temps et éviter les oublis, un modèle d’avenant au bail prêt à compléter reste la solution la plus fiable. Voici ce qu’un bon document doit proposer :
- Formats Word et PDF : le .docx se modifie librement, le PDF garantit une mise en page figée.
- Conforme à la loi du 6 juillet 1989 : le socle juridique de tout bail d’habitation.
- À jour des lois Alur, Elan et Climat et Résilience : encadrement des loyers, colocation, diagnostics.
- Pré-rempli avec les 6 mentions obligatoires : identité, bail d’origine, adresse, date d’effet, motif, signatures.
- Génération en ligne possible : un formulaire intelligent remplit l’avenant puis l’exporte signé.
Un modèle sérieux cite aussi le décret 2015-587 du 29 mai pour les contrats types, et s’adapte à la durée du bail : 3 ans pour une location vide, 1 an pour un meublé, 6 ans minimum pour un bail professionnel, 9 ans pour un bail commercial. Vérifiez que le document choisi couvre bien votre situation avant de le signer.
Dernier réflexe : imprimez le nombre d’exemplaires adapté. Comptez 2 exemplaires minimum (1 bailleur + 1 locataire) et montez à 3 exemplaires en colocation (1 bailleur + 2 locataires), pour que chaque partie conserve son original annexé au bail.
Cas d’usage : colocation et changement de locataire
Avenant colocation : remplacer un colocataire sortant
Le remplacement d’un colocataire est le cas le plus fréquent d’avenant au bail. Sans cet écrit, le nouveau venu n’est pas co-titulaire du bail et n’a aucun droit direct sur le logement. L’avenant doit préciser la date de co-titularité du nouvel arrivant et mentionner la clause de solidarité, qui garantit au bailleur la continuité des loyers.
Si le colocataire partant n’est pas remplacé, la solidarité continue de jouer pendant 6 mois après son départ. Cette clause protège le bailleur contre les impayés, mais elle cesse dès que le bail se poursuit avec les seuls occupants restants.
Refus du locataire de signer un avenant
Aucun texte n’oblige un locataire à apposer sa signature sur un avenant. Voici les conséquences concrètes de ce refus :
- Bail initial maintenu ses clauses restent seules applicables
- Bailleur sans pouvoir de résiliation un refus ne constitue jamais un motif valable
- Accord amiable prioritaire la négociation reste la voie recommandée
- Alternative possible proposer un compromis ou renoncer à la modification
En pratique, un bailleur ne peut imposer ni augmentation de loyer ni changement de clause par la simple signature d’un avenant. Si le locataire refuse, la modification envisagée reste inopposable et le bail initial continue de produire ses effets.
Avenant pour modification du loyer
| Situation | Avenant obligatoire | Démarche |
|---|---|---|
| Révision annuelle selon IRL | Non, si clause prévue | Lettre de révision suffit |
| Augmentation hors IRL | Oui | Accord écrit des deux parties |
| Baisse temporaire pour travaux | Oui | Préciser durée et montant réduit |
| Réévaluation après travaux d’amélioration | Oui | Signature des deux parties |
La révision du loyer est le motif le plus fréquent de rédaction d’un avenant. Toutefois, tout ajustement ne nécessite pas forcément un document écrit : si le bail initial comporte une clause de révision basée sur l’Indice de Référence des Loyers (IRL), le bailleur peut appliquer l’augmentation annuelle par simple notification, sans avenant. L’avenant devient en revanche obligatoire dès que la modification sort du cadre prévu au contrat.
Pour une augmentation hors IRL ou une baisse temporaire liée à des travaux, l’accord écrit est indispensable. L’avenant doit alors préciser la nature des travaux, leur durée estimée, leur coût ainsi que les modalités de remise en état du logement. En cas de réévaluation après des travaux d’amélioration, le nouveau loyer ne peut être appliqué qu’après signature de l’avenant par les deux parties.
Attention : un avenant signé uniquement par le bailleur n’a aucune valeur juridique. Les deux signatures bailleur et locataire sont requises pour rendre la modification opposable. Pensez à conserver un exemplaire par partie signataire et à l’annexer au bail initial.
Mentions obligatoires de l’avenant
Un avenant mal rédigé peut être déclaré inopposable : il ne sera alors pas plus utile que l’absence d’avenant. Pour éviter ce piège, la loi du 6 juillet 1989 et le décret 2015-587 du 29 mai 2015 encadrent le contenu minimal du document. Un avenant doit obligatoirement contenir 6 mentions, quel que soit le type de bail concerné (vide, meublé, colocation).
- Identité complète du bailleur et des locataires noms, prénoms, adresses ; ajoutez le nouveau colocataire le cas échéant.
- Référence au bail initial indiquez la date de signature et l’objet du bail (location vide, meublée, colocation).
- Adresse précise du bien loué numéro, rue, code postal et ville, sans approximation.
- Date d’effet de l’avenant le point de départ du changement doit être clair et non équivoque.
- Motif de la modification remplacement d’un colocataire, révision du loyer, travaux, séparation, etc.
- Clause de solidarité à mentionner expressément en cas de départ d’un colocataire (6 mois de solidarité après son départ).
Chaque partie signataire doit recevoir un exemplaire : comptez 2 exemplaires minimum (1 bailleur + 1 locataire), et 3 exemplaires en présence de 2 locataires. Sans ces exemplaires, l’avenant reste valable entre les parties, mais devient difficile à prouver en cas de litige.
FAQ sur l’avenant au bail
Combien coûte la rédaction d’un avenant au bail ?
Un avenant au bail coûte entre 0 et 200 €. La rédaction libre est gratuite, tandis qu’un modèle payant ou l’intervention d’un professionnel (agence, notaire) fait grimper la facture. Comptez environ 100 à 200 € en agence immobilière.
Qui doit payer les frais d’avenant : bailleur ou locataire ?
Le bailleur supporte les frais d’avenant lorsqu’il est à l’initiative de la modification, notamment pour une hausse de loyer. Si le locataire demande le changement, il paie. Aucun texte n’impose de règle fixe : tout dépend de l’accord entre les parties.
Combien d’exemplaires faut-il prévoir pour un avenant ?
Prévoyez un exemplaire par signataire, soit deux en général (bailleur et locataire). Chaque partie conserve un original signé. En colocation ou avec plusieurs bailleurs, ajoutez un exemplaire par personne supplémentaire pour rester couvert.
Que se passe-t-il si le locataire refuse de signer ?
Le refus du locataire rend l’avenant inopposable : la modification ne s’applique pas. Le bail initial reste en vigueur dans ses termes d’origine. Le bailleur ne peut pas imposer unilatéralement un changement sans clause le prévoyant.
Faut-il enregistrer un avenant aux impôts ?
Non, un avenant au bail d’habitation n’a pas à être enregistré aux impôts. Seuls les baux commerciaux ou certains baux ruraux sont concernés par cette formalité. Pour un logement, la signature des parties suffit à le rendre valable.
Le bailleur peut-il résilier le bail en cas de refus ?
Non, un refus de signer un avenant ne permet pas au bailleur de résilier le bail. Seuls un motif légitime (impayés, troubles) ou les cas prévus par la loi ouvrent droit à résiliation. Le bail se poursuit aux conditions initiales.
